À Bruxelles, la sécurisation des abords d’école combine plusieurs leviers, parmi lesquels les rues scolaires, l’aménagement de la voirie et le contrôle de la vitesse. La dernière illustration est à Jette, où une rue scolaire a été inaugurée le 24 août 2026 dans la rue Joseph Loossens, devant l’école Jacques Brel. Cette mesure s’inscrit dans les actions portées par Bruxelles Mobilité autour des déplacements scolaires.
En bref
- Le 24 août 2026, une rue scolaire a été inaugurée rue Joseph Loossens à Jette, devant l’école Jacques Brel.
- Jette compte désormais trois rues scolaires, après celles du Collège Saint-Pierre et de l’école des Prés Verts.
- Trente-six radars sont installés près d’écoles en Région bruxelloise, tandis que deux autres sont prévus chaussée de Ninove à Anderlecht.
- La Région compte 125 radars préventifs, dont 100 situés à moins de 300 mètres d’une école.
Le sujet dépasse le seul cadre d’une fermeture ponctuelle de rue. Aux heures où se concentrent enfants, accompagnants, cyclistes, piétons, voitures et transports collectifs, l’organisation de l’espace public devient une question très concrète de sécurité routière. Les dispositifs annoncés dans la capitale belge visent ainsi à agir sur la circulation et sur la vitesse, sans que les données disponibles permettent encore d’en mesurer les effets sur l’accidentalité.
Une troisième rue scolaire à Jette
La rue Joseph Loossens est devenue la troisième rue scolaire de Jette. Elle rejoint celles mises en place aux abords du Collège Saint-Pierre et de l’école des Prés Verts. Selon les informations publiées par BruxellesToday au sujet de l’inauguration de Jette, l’aménagement doit réduire la circulation devant l’entrée de l’établissement et dégager davantage d’espace pour les piétons et les cyclistes.
Une rue scolaire ne correspond pas nécessairement à une piétonnisation permanente. Le principe consiste à fermer à la circulation motorisée les voies qui bordent l’école durant les périodes les plus chargées de la journée scolaire. Le site Plan de mobilité scolaire décrit une fermeture intervenant généralement 30 à 45 minutes avant l’entrée, puis à la sortie des classes. Les modalités précises, les accès autorisés et la signalisation dépendent toutefois de chaque site.

Ce format répond à une difficulté connue autour des établissements: les derniers mètres du trajet réunissent souvent des usagers aux vitesses, aux trajectoires et aux besoins différents. Un enfant à pied, un parent à vélo, un automobiliste en dépose-minute et un bus ne partagent pas l’espace de la même façon. La rue scolaire modifie donc temporairement les conditions de circulation à cette heure particulière, plutôt que de traiter l’ensemble du quartier comme une zone fermée.
Des projets de voirie et un contrôle de la vitesse
La rue de Jette s’insère dans un plan d’action plus large. Depuis 2024, une dizaine de projets de sécurisation des abords d’écoles ont été menés dans le cadre de l’action de Bruxelles Mobilité. Les interventions citées comprennent du mobilier destiné à améliorer la visibilité des écoles, des projets de sécurisation sur des voiries régionales, des adaptations de circulation et une gestion préventive ou répressive de la vitesse.
Trente-six radars sont actuellement installés à proximité d’écoles en Région bruxelloise. Deux équipements supplémentaires sont prévus sur la chaussée de Ninove, à Anderlecht. Cette précision est importante: les deux radars annoncés sont prévus, et non déjà en service. L’objectif affiché est de compléter les aménagements physiques par un dispositif de contrôle dans les secteurs concernés.
Le réseau comprend également 125 radars préventifs à l’échelle régionale. Parmi eux, 100 se trouvent dans un rayon de 300 mètres autour d’une école. Ces appareils signalent la vitesse pratiquée aux conducteurs, tandis que les radars de contrôle relèvent d’un autre usage. Leur présence près des établissements montre que la politique ne repose pas uniquement sur la fermeture temporaire de certaines rues.
Des outils qui ne remplissent pas la même fonction
Les différents dispositifs répondent à des logiques distinctes. Une rue scolaire agit directement sur l’accès motorisé aux moments d’entrée et de sortie. Les réaménagements peuvent rendre un passage, un trottoir ou une entrée plus lisible. Les radars préventifs rendent la vitesse visible au conducteur. Les radars installés apportent, eux, un volet de contrôle. Les associer permet de traiter plusieurs dimensions de la circulation, mais les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que ces mesures ont déjà fait diminuer les vitesses ou les accidents à Bruxelles.

La prudence est d’autant plus nécessaire que les comparaisons internationales ne suffisent pas à conclure sur les résultats locaux. Dans un article consacré au développement des rues scolaires, Métropolitiques recense 39 écoles maternelles et primaires bruxelloises situées dans une rue scolaire, soit moins de 7 % des établissements concernés. Ce constat donne un ordre de grandeur de l’implantation du dispositif dans la région, sans établir une progression générale dans toutes les communes ni une évaluation de son efficacité.
La mobilité scolaire, un enjeu d’organisation quotidienne
Les abords d’école se trouvent au croisement des pratiques de déplacement, de l’aménagement urbain et des règles de conduite. Bruxelles Mobilité indique accompagner 513 écoles dans le cadre de plans de déplacements scolaires, qui portent sur la sensibilisation, les infrastructures, l’éducation à la mobilité et l’organisation des trajets. L’année 2026 marque par ailleurs les 20 ans de ces plans.
Les données citées par Bruxelles Mobilité font état de sept élèves sur dix se rendant à l’école à pied, à vélo ou en transports en commun. Cette information décrit les modes de déplacement déclarés ou observés dans le cadre présenté, mais elle ne permet pas d’attribuer cette situation aux rues scolaires ou aux radars. Elle rappelle néanmoins que les parcours vers l’école concernent une diversité d’usages qu’un même aménagement doit prendre en compte.
Pour les automobilistes, l’enjeu est d’anticiper les périodes de forte présence piétonne et de respecter la signalisation propre à chaque établissement. Pour les collectivités, la question reste celle de l’articulation entre une règle temporaire, des équipements visibles et un contrôle adapté au contexte local. À Jette comme ailleurs dans la Région bruxelloise, la rue scolaire de la rue Joseph Loossens ajoute ainsi un dispositif local à un ensemble d’actions déjà engagées autour des écoles.
Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Norma Mortenson. Licence: Pexels License.
