Un QR code pour connaître l’état de santé de sa batterie électrique

Chaque batterie neuve devra porter un QR code d’accès à ses données, mais le calcul de l’état de santé et la collecte en amont compliquent la préparation.

Frédéric Maupin Par Frédéric Maupin
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Un QR code pour connaître l’état de santé de sa batterie électrique
Photo d’illustration. Image d'illustration : des cellules de batterie, au cœur de la garantie batterie d'une voiture électrique.

En bref

  • Le passeport numérique devient obligatoire pour les batteries de voitures électriques vendues dans l’Union européenne.
  • Il sera consultable par QR code, avec des niveaux d’accès différents selon les utilisateurs.
  • L’état de santé et la chaîne d’approvisionnement posent les difficultés les plus nettes.
  • L’empreinte carbone et les matériaux recyclés ne sont pas exigés dès le départ.

Oui, les batteries des voitures électriques vendues en Europe devront porter un passeport numérique dès février 2027. Bruxelles veut ainsi savoir de quoi elles sont faites, d’où elles viennent et dans quel état elles se trouvent, comme le détaille Automobile Propre. À quelques mois de l’échéance, les constructeurs butent pourtant sur plusieurs points.

Une obligation datée, un QR code pour y accéder

Le dispositif cherche à garantir la traçabilité et la transparence des batteries. Il ne se limite pas aux futurs modèles : toute nouvelle batterie commercialisée sur le marché européen aura son passeport individuel, consultable grâce à un QR code que l’on scannera.

  1. Le passeport numérique devient obligatoire pour les batteries de voitures électriques commercialisées dans l’Union européenne.
  2. Pour toute nouvelle batterie commercialisée dans l’Union européenne, un passeport est exigé, que l’on ouvre via un QR code.

Toutes les informations ne seront toutefois pas réclamées dès cette date : l’empreinte carbone et la part de matériaux recyclés viendront plus tard.

Ce que contiendra le passeport

Ce document rassemblera de nombreuses données, avec différents niveaux d’accès selon l’utilisateur qui l’ouvre. Dans l’ensemble, les constructeurs connaissent les informations à fournir, et certaines d’entre elles ne posent presque aucun souci :

  • le nom du fabricant ;
  • la nature chimique des composants ;
  • la capacité nominale de l’ensemble ;
  • la date de production.

Les choses se gâtent quand il faut documenter la vie de la batterie, c’est-à-dire son évolution dans le temps.

Où le dispositif risque de coincer

Premier écueil, l’état de santé, ou SoH (State of Health). Dans un entretien avec Automotive News Europe, Felix Wagner, qui dirige Circunomics, redoute la manière de le calculer : faute d’harmonisation, les valeurs risqueraient de varier selon les marques, et le passeport perdrait beaucoup de son utilité.

Second écueil, la chaîne d’approvisionnement. Extraction des matières premières, transformation, fabrication des cellules, assemblage final : les acteurs sont multiples et aucun constructeur ne possède seul toutes les données. Christian Marston, directeur des opérations chez Altilium, une entreprise spécialisée dans le recyclage, juge que c’est là que les sociétés peinent le plus. Les fournisseurs, parfois très distants les uns des autres, devront donc échanger davantage.

Ce que le passeport apporte

Une meilleure connaissance de la composition, de l’origine et de l’état de santé des batteries, avec des informations consultables par QR code.

Ce qui freine

Une méthode de calcul du SoH pas encore commune, des données dispersées chez de multiples acteurs et des questions techniques encore ouvertes.

Des constructeurs mieux armés que d’autres

D’après Felix Wagner, certains constructeurs chinois pourraient démarrer avec une avance : BYD et d’autres groupes ont déjà mis au point une façon plus avancée de recueillir et d’utiliser les données des véhicules. Cet avantage pourrait leur permettre de s’adapter plus aisément aux règles européennes.

Bruxelles a diffusé des recommandations destinées à guider les industriels, mais de nombreuses interrogations techniques demeurent en suspens. Pour qui achète une voiture d’occasion, la batterie est déjà un sujet, comme le montre la garantie batterie des Megane électriques d’occasion.

Photo : Ramesh Kambattan / Pexels

Frédéric Maupin

Véhicules, électrique, sécurité routière, innovation et conseils

Frédéric Maupin

Pendant vingt ans, Frédéric Maupin a dirigé l'atelier d'une concession dans l'Allier, entre révisions, rappels constructeur et clients pressés. Il suit pour Evomag l'actualité automobile et signe les conseils d'entretien, d'achat et de revente. Il ne recommande jamais une pièce ou un réglage qu'il n'a pas vu tenir plusieurs hivers. Le dimanche, il remet en état de vieux motoculteurs pour les voisins.