Voltaback lève 2,8 millions pour rembourser la recharge à domicile des salariés
Fondée en 2023, la jeune pousse croise facture, compteur Linky et données du véhicule pour rembourser au juste prix le salarié qui recharge chez lui.
En bref
- Le tour de table est mené par le fonds Serena, avec Aurélien de Meaux (Electra) et Maxime Brousse (Sequoia Scout).
- La plateforme fonctionne sans borne ni boîtier ajouté au domicile du salarié.
- Selon Voltaback, un plein de 50 kWh coûte environ 8 euros à la maison contre 30 euros en itinérance.
- L’électrique a dépassé 40 % des immatriculations en entreprises en septembre.
Voltaback a bouclé une levée de 2,8 millions d’euros pour automatiser le remboursement de l’électricité que les salariés consomment chez eux en rechargeant leur voiture de fonction électrique. L’opération, rapportée par Automobile Propre, doit financer la croissance de la société en France puis dans le reste de l’Europe.
Une jeune pousse déjà présente dans les grands groupes
L’entreprise a vu le jour en 2023 sous l’impulsion d’Arnaud Tran et d’Adrien Guenard. En trois ans à peine, elle revendique un client sur cinq parmi les sociétés du CAC 40, une proportion qu’elle avance elle-même. Sa liste de références publiques couvre des secteurs très différents : Veolia, BNP Paribas, Equans, Sanef, Lyreco, Loxam, Fayat, Fives et Sodexo y figurent.
Le fonds Serena conduit ce tour. À ses côtés, deux personnalités connues de l’écosystème entrent au capital : Aurélien de Meaux, cofondateur et dirigeant du réseau de recharge rapide Electra, et Maxime Brousse, rattaché à Sequoia Scout.
Rembourser juste, sans installer de matériel
Pour un employeur, le salarié qui branche sa voiture à la maison pose une question délicate : quelle part de la facture du foyer correspond réellement au véhicule, et à quel tarif faut-il la rembourser ? Un logement consomme pour bien d’autres usages, et le prix du kilowattheure varie d’un contrat à l’autre.

La réponse de Voltaback tient en un croisement de données. La plateforme rapproche trois sources : la facture d’électricité du salarié, les relevés de son compteur Linky et les informations transmises par la voiture connectée. De cette comparaison, elle isole les sessions de recharge et en calcule le coût réel. Aucune borne connectée ni boîtier n’est à poser, ce qui distingue l’offre des solutions qui mesurent l’énergie par l’équipement. L’entreprise indique que l’outil produit ensuite un justificatif exploitable par l’employeur.
Ce principe suppose toutefois un véhicule connecté et un compteur Linky : sans ces deux sources, le croisement décrit par la société ne peut pas s’appliquer. Sur le même problème, evomag.fr a aussi présenté l’approche d’Ewera pour la recharge à domicile.
Ce que coûte la recharge selon l’endroit
Voltaback met en avant plusieurs ordres de grandeur, qui restent ses propres estimations.
L’écart joue dans les deux sens. Si le salarié recharge chez lui sans être remboursé, c’est lui qui paie l’énergie d’un véhicule professionnel. S’il préfère les bornes publiques pour éviter ce coût, la facture bascule sur l’employeur, à un prix au kilowattheure presque quatre fois plus élevé d’après ces chiffres.
De la recharge à la gestion de flotte
La société ne compte pas s’arrêter au remboursement. Elle veut faire de sa plateforme un outil de pilotage de flotte, capable de suivre les kilométrages, les avantages en nature et des indicateurs RSE.
Le marché visé grossit vite. En septembre, les modèles électriques ont pesé plus de 40 % des immatriculations réalisées par les entreprises.
Photo : smart-me AG / Pexels