Le vélo électrique gagne du terrain hors des grandes villes
Trajets plus longs, relief, départementales peu sûres : en zone rurale, l’assistance électrique ouvre des parcours inédits, à condition d’être aménagés.
Non, le vélo à assistance électrique (VAE) n’est plus une affaire de citadins. Les données du Cerema montrent que ses utilisateurs sont moins regroupés dans les grands centres urbains que les adeptes du vélo classique, et qu’ils s’en servent souvent pour aller travailler. Dans les petites villes et les campagnes, l’obstacle principal tient moins à la machine qu’à la route qu’on lui propose : une départementale fréquentée ou un rond-point pensé pour les voitures suffit à décourager.
En bref
- Les données du Cerema montrent que ses utilisateurs sont moins regroupés dans les grands centres urbains que les adeptes du vélo classique, et qu’ils s’en servent souvent pour aller travailler.
- L’assistance n’efface ni l’effort ni l’averse.
- Sur le terrain des moteurs, d’autres acteurs avancent aussi, comme le montre notre article sur les moteurs vélo de Yamaha.
Des distances rurales que le VAE commence à couvrir
Le point de départ est géographique. Une analyse du service statistique du ministère de la Transition écologique, tirée de l’enquête nationale mobilité 2018-2019, mesure l’écart entre territoires.
Autrement dit, un habitant de la campagne a plus de deux fois plus de chances de faire un trajet de cette tranche qu’un habitant d’une commune dense. Le vélo musculaire s’y essouffle vite. Comme le rappelle Automobile Propre, il serait pourtant hasardeux de croire que chaque petit trajet en voiture pourrait basculer sur deux roues : un même déplacement enchaîne parfois plusieurs destinations, comme l’école puis le bureau.
L’étude publiée par le Cerema en mai 2024, fondée sur des enquêtes menées de 2021 à 2023, apporte un second éclairage. Hors retours au domicile, la moitié des déplacements en VAE observés mènent au travail, quand cette part tombe à environ un tiers pour le vélo classique. L’usage est donc utilitaire bien plus que récréatif. Une réserve s’impose : l’échantillon réunit 626 personnes ayant roulé en VAE le jour étudié, réparties sur plusieurs régions, et il n’est pas strictement représentatif du pays entier.
Ce que l’assistance change sur un trajet quotidien
Sur un VAE, le moteur ne tourne que si l’on pédale, et son aide s’arrête à 25 km/h. Selon l’auteur de l’article d’Automobile Propre, une moyenne de 20 km/h se tient sans difficulté, d’autant plus quand le panneau M12 permet de franchir certains feux, avec prudence.
L’assistance n’efface ni l’effort ni l’averse. Elle rend en revanche moins rebutantes deux situations typiques hors des villes : un parcours vallonné et la crainte d’arriver au travail en sueur, obligé de se changer. Côté règles, ces vélos peuvent emprunter les pistes cyclables et ne réclament aucune assurance obligatoire, ce qui les distingue des modèles rapides capables de rouler sans pédaler.

Autonomie, prix et poids, les repères pour choisir
Pour un trajet rural, l’autonomie réelle compte davantage que la promesse du fabricant. L’exemple du Fiido C11Pro, éprouvé par Tom’s Guide, illustre l’écart : la marque annonce jusqu’à 90 km, le testeur relève plutôt 50 à 70 km avec une assistance intermédiaire et quelques côtes urbaines.
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Autonomie courante d’un VAE | 60 à 70 km | Boursorama |
| Autonomie d’un speed bike | 40 à 50 km | Boursorama |
| Prix d’un VAE selon la marque | 1 300 à 2 500 euros | Boursorama |
| Fiido C11Pro, motorisation | Moteur arrière de 250 W, capteur de couple, trois niveaux d’assistance | Tom’s Guide |
| Fiido C11Pro, batterie | Amovible, 499,2 Wh, charge complète en cinq à six heures | Tom’s Guide |
| Fiido C11Pro, poids | Environ 24,5 kg | Tom’s Guide |
Ce modèle est décrit par le testeur comme un vélo conçu pour la ville, et sa masse se fait sentir dès qu’il faut le porter dans un escalier. Ces repères valent pour des trajets réguliers sur route correcte ; ils ne s’appliquent pas à un usage tout-terrain ni à des distances proches du haut de la fourchette de 100 km relevée dans les communes rurales.
Les freins des zones peu denses, et une voie verte qui relie
Dans ses travaux sur les territoires peu denses, le Cerema dresse la liste des obstacles : manque d’aménagements, sentiment d’insécurité, relief, pénibilité, climat et risque de vol. Les deux premiers dépendent directement des choix d’infrastructure.
Le Tarn offre un contre-exemple. Selon un retour d’expérience du Cerema daté de février 2025, les sections de la voie verte Passa Païs desservent six centres-bourgs et une zone artisanale d’environ 300 emplois, répartis dans 45 entreprises, mais aussi un lycée forestier qui se trouve à huit kilomètres de la gare de Mazamet. Un itinéraire touristique devient ainsi une liaison vers l’emploi et les études.
Un marché porté par l’électrique
La dynamique nationale sert de toile de fond à ces usages, d’après les chiffres repris par Boursorama :
- de 2019 à 2023, les passages de vélos ont progressé de 37 % en France selon l’Observatoire de Vélo et Territoires, avec une hausse de 40 % de l’usage en milieu urbain ;
- l’Union Sport et Cycles recense un peu plus de 2,2 millions de deux-roues vendus en 2023.
Sur le terrain des moteurs, d’autres acteurs avancent aussi, comme le montre notre article sur les moteurs vélo de Yamaha.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : alexandre saraiva carniato. Licence Pexels.