Électrique d’occasion ou diesel : surcoût amorti en trois ans
Gazole à 2,41 € le litre, stock d’occasion en baisse de 32%, prix moyen en hausse de plus de 4 000 € : le calcul favorise les gros rouleurs.
Oui, passer à l’électrique peut se rentabiliser, mais surtout si vous roulez beaucoup et rechargez chez vous. Avec un gazole à 2,41 euros le litre (moyenne française au 27 septembre 2026) et une consommation de 6 l/100 km, un diesel revient à 14,46 euros aux 100 km. Une électrique consommant 18 kWh sur la même distance, rechargée à domicile à 0,20 euro le kWh, coûte 3,60 euros. Le revers tient à l’achat : l’occasion électrique devient plus chère et plus rare.
En bref
- Avec un gazole à 2,41 euros le litre (moyenne française au 27 septembre 2026) et une consommation de 6 l/100 km, un diesel revient à 14,46 euros aux 100 km.
- Selon Yahoo Actualités , Guillaume-Henri Blanchet, directeur général de La Centrale, situe le démarrage très tôt : « Ce boom a commencé dès mars, presque immédiatement ».
- Son délégué général, Clément Molizon, l’affirme : « Il faut faire en sorte que cette transition bénéficie au plus grand nombre.
Un budget énergie qui creuse l’écart entre motorisations
Les données de Roole Data, relayées par Automobile Propre, montrent la dérive sur six mois. Entre janvier et juin 2026, la dépense mensuelle moyenne d’un conducteur diesel a grimpé de 98 à 119 euros. L’essence a atteint 137 euros par mois. Pendant ce temps, l’électrique est resté stable, autour de 46 euros.
Rapporté à une année de conduite, le calcul devient parlant pour un conducteur moyen qui parcourt 15 000 km.
Une occasion électrique devenue rare et plus chère
La demande a suivi la hausse des carburants. Chez La Centrale, l’intérêt pour les modèles électriques d’occasion a culminé le 20 septembre 2026, avec plus de 130 000 recherches, soit 214 % de plus qu’au 28 février, quand le conflit au Moyen-Orient a commencé. Ces données ont été publiées le 30 septembre. Selon Yahoo Actualités, Guillaume-Henri Blanchet, directeur général de La Centrale, situe le démarrage très tôt : « Ce boom a commencé dès mars, presque immédiatement ». Il résume aussi le changement de regard des acheteurs : « Les automobilistes considèrent désormais le coût d’usage, pas seulement le coût d’achat ».
L’offre, elle, ne suit pas. Le tableau ci-dessous rassemble les principaux repères du marché.
| Indicateur | Valeur | Période |
|---|---|---|
| Stock d’électriques d’occasion | baisse de 32 % | sur un an |
| Modèles à moins de 20 000 € | baisse de 48 % | sur un an |
| Prix moyen d’une électrique d’occasion | 24 216 €, plus de 4 000 € de hausse | 2e trimestre 2026, sur douze mois |
| Transactions | plus de 72 000 véhicules | avril à juin 2026 |
| Électrique de moins de trois ans | 32 702 € (contre 38 695 € en neuf) | 1er semestre 2026 |
| Annonces de Renault Zoé | d’environ 4 500 à 640 (moins 86 %) | sur un an |
| Prix moyen de la Renault Zoé | 14 985 € (plus 25 %) | sur un an |
Ce renchérissement décale le marché par rapport aux moyens des ménages : une enquête Ifop pour La Centrale, menée en mars 2025, indiquait que la majorité des acheteurs d’occasion plafonnaient leur budget à 20 000 euros.

Combien de temps pour amortir le surcoût
Tout dépend de votre kilométrage. Pour une électrique vendue 5 000 euros de plus qu’un diesel équivalent, l’écart se rembourse ainsi, à prix de l’énergie constants, hors financement, entretien, assurance et valeur de revente :
| Kilométrage annuel | Durée d’amortissement |
|---|---|
| 8 000 km | presque six ans |
| 15 000 km | un peu plus de trois ans |
| 25 000 km | moins de deux ans |
L’occasion raccourcit le délai. Prenons un diesel à 12 000 euros et une électrique à 15 000 euros : pour un conducteur qui roule 15 000 km par an et se branche chez lui, l’écart de 3 000 euros est absorbé au bout d’un peu moins de deux ans d’usage. Le conseil vaut surtout pour les gros rouleurs : un petit kilométrage ou une recharge publique allonge nettement l’attente.
Recharge à domicile
À 0,20 euro le kWh, l’économie face au diesel atteint son maximum sur 15 000 km par an.
Borne publique
À 0,60 euro le kWh, le gain annuel face au diesel tombe à 549 euros pour le même kilométrage.
Batterie, aides et borne à vérifier avant de signer
Plusieurs points pèsent sur la rentabilité réelle, détaillés par Capital :
- L’usure de la batterie : la perte moyenne dépasse un peu 2 % de capacité par an, environ 1,5 % pour une voiture surtout rechargée à domicile, près de 3 % pour un usage fréquent des bornes rapides. Après huit ans d’usage mixte, il reste environ 83 % de capacité.
- Le bilan de santé : un pacte conclu le 4 septembre 2026 avec le gouvernement engage les distributeurs signataires à communiquer sans frais, au moment de la vente, l’état de santé de la batterie.
- L’aide à l’occasion : depuis le 1er septembre 2026, environ 340 euros (estimation) pour une électrique immatriculée entre 2017 et 2023, avec au moins 80 % de capacité batterie, achetée à un professionnel et gardée trois ans. Les ventes entre particuliers en sont exclues.
- Le fonctionnement du leasing social : remis en place le 16 juillet 2026, il ouvre des locations de trois ans minimum dont le loyer ne dépasse pas 200 euros mensuels hors options, pour les ménages qui remplissent des conditions de revenus et d’usage du véhicule.
- La borne murale : prévoyez entre 1 000 et 2 000 euros environ avec la pose par un installateur qualifié. Le crédit d’impôt qui en remboursait une partie s’est arrêté fin 2025, alors que la TVA réduite à 5,5 % continue de s’appliquer à la fourniture et à la pose.
Un parc et un réseau en pleine croissance
Le parc électrique français est passé de 588 826 véhicules en mai 2022 à 2 002 830 en août 2026. Ce mois-là, 38 917 voitures 100 % électriques ont été immatriculées, en hausse de 101,4 % sur un an. Le réseau public comptait 200 926 points de recharge au 31 août 2026, avec un taux de disponibilité technique de 89 %.
Dans son document « Électrifions la mobilité », transmis aux candidats à l’élection présidentielle et relayé par Auto-Moto, l’Avere-France plaide notamment pour un bonus destiné aux électriques d’occasion et pour le retour d’une prime à la conversion. Son délégué général, Clément Molizon, l’affirme : « Il faut faire en sorte que cette transition bénéficie au plus grand nombre. »
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Ed Harvey. Licence Pexels.