Dès 17 h, le crépuscule revient et la visibilité des piétons baisse en ville
Après le passage à l’heure d’hiver, le crépuscule coïncide avec le retour du travail et de l’école. Les chiffres de la Sécurité routière dessinent les gestes utiles.
En bref
- Le changement d’heure 2026 a eu lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre, à 3 heures du matin.
- Les accidents impliquant un piéton progressent entre 17 h et 19 h dans la semaine qui suit.
- Le non-respect de la priorité aux piétons coûte 135 euros et six points de permis.
- Le Parlement européen a voté la fin du changement d’heure en 2019, sans application.
Pendant la semaine qui suit le retour à l’heure d’hiver, les accidents dans lesquels un piéton est touché augmentent sensiblement entre 17 h et 19 h. D’après l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), que cite L’Express, l’obscurité s’installe à ce moment-là, quand adultes en activité et élèves regagnent leur domicile, et les automobilistes perçoivent moins bien les silhouettes.
Une date précoce et un crépuscule avancé
Cette année 2026, l’heure a été modifiée durant la nuit de samedi 24 à dimanche 25 octobre : lorsqu’il était 3 heures, il fallait ramener les aiguilles sur 2 heures. Le principe veut que l’opération ait lieu le dernier dimanche d’octobre. Or ce dimanche correspondait au 25, soit la date la plus précoce envisageable, une configuration déjà observée en 2020, ainsi que le souligne Journal du Geek.
Cela pèse directement sur les déplacements en soirée : à Paris, le soleil disparaissait vers 17 h 42 ce dimanche-là, et selon La Dépêche, il se couche dès 18 heures une fois le décalage effectué. Un point concret pour les conducteurs : sur les véhicules anciens ou sans connexion, l’horloge du tableau de bord réclame souvent d’être réglée à la main. Les territoires ultramarins ne sont pas touchés par la mesure, à l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce que disent les chiffres du risque
Le risque est mesuré, et il se concentre sur une plage horaire précise. Les créneaux 8 h-10 h et 20 h-22 h, eux, enregistrent une baisse des accidents de piétons.
Voici comment comprendre l’écart : lorsqu’un piéton porte des vêtements foncés, on le repère à une distance plus courte que celle qu’il faut pour stopper le véhicule. L’ONISR indique par ailleurs que 42 % des piétons qui perdent la vie chaque année meurent entre octobre et janvier, alors que Midi Libre évoque presque la moitié.
Les bons gestes selon l’usager
- Automobilistes : réduire l’allure entre 17 h et 19 h, en particulier aux abords des écoles et dans les zones d’habitation, conduire avec un pare-brise net et sans buée, des éclairages en état de marche, et laisser une marge suffisante par rapport aux trottoirs.
- Cyclistes et utilisateurs de trottinettes : vérifier les feux et enfiler un gilet de haute visibilité.
- Piétons : traverser sur les passages protégés et dans les lieux bien dégagés, porter des habits de couleur claire, et évaluer l’éloignement comme la rapidité des véhicules qui arrivent.
- Parents : habiller les enfants de tenues claires et leur donner des sacs à dos dotés de bandes réfléchissantes.
Un dispositif ancien, une suppression restée lettre morte
Le système a été instauré en France en 1976, après le choc pétrolier, pour réaliser des économies d’énergie, et les dates sont harmonisées à l’échelle européenne. Après une consultation de 2018 où 84 % des répondants souhaitaient sa fin, le Parlement européen a voté la suppression en 2019, mais la décision n’est pas appliquée.
Côté santé, l’Inserm affirme que le changement d’heure « peut induire des effets néfastes sur notre santé (troubles du sommeil, de la vigilance, accidents du travail et de la route, irritabilité, troubles de l’attention, difficultés de mémorisation et déshydratation, troubles digestifs…) ». Cependant, l’institut considère que le retour à l’heure d’hiver est globalement plus facile à vivre que l’avancée vers l’heure d’été, car on dort soixante minutes de plus au lieu d’en perdre autant.
Photo : Антон Злобин / Pexels